Dans les coulisses de l'hôtel Martinez

07 mai 2018
04m 47s
Réf. 00721

Notice

Résumé :
Reportage consacré au palace Martinez et à ses différents corps de métiers qui ont côtoyé des célébrités. Rencontre avec la gouvernante et l'équipe des femmes de chambre. Découverte des travaux de rénovation de la terrasse du palace. Présentation historique de cet hôtel construit en 1929, et confisqué à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Date de diffusion :
07 mai 2018
Source :

Transcription

Carole Gaessler
La [incompris] sur la Croisette, à la veille de l'ouverture du festival de Cannes, rêvons un peu dans les coulisses de l'un des hôtels les plus mythiques, le Martinez. Il vient de rouvrir après 6 mois de travaux. Julien Bigard, Pauline Juvigny.
Julien Bigard
Derrière les palmiers, l'un des symboles de Cannes et de son festival. Le Martinez, 409 chambres, un bar mythique, et un restaurant étoilé. Un palace chargé de petites et de grandes histoires. Bienvenue dans les coulisses d'une des plus prestigieuses adresses de la Croisette. Le sous-sol s'éveille en premier.
Heidi Lofi
Francine, vous êtes au 4 et au 6 aujourd'hui.
Julien Bigard
A la tête des femmes de chambre, la gouvernante commence sa journée avec un même rituel.
Heidi Lofi
Ma vieille machine à café là, qui est là fidèle depuis 28 ans, le temps que je suis là. Elle fait un café par jour pour moi et mon assistante.
Julien Bigard
Heidi Lofi est l'une des plus anciennes salariées. Son travail, c'est d'abord s'assurer que les chambres soient impeccables, comme dans cette suite de 50m2, à près de 2000 euros la nuit. Et à ce prix-là, de la moquette à la salle de bains, tout doit être parfait.
Heidi Lofi
L'assiette est à droite, le gros pot est en bas, la petite boule est en haut, le réveil à gauche, le téléphone à droite, le bloc bien sûr, avec le téléphone.
Julien Bigard
Mais pendant le festival, la première qualité d'une gouvernante, c'est de faire face à tous les imprévus.
Heidi Lofi
Très souvent c'est un peu la panique avant la montée des marches, que les gens ils découvrent qu'ils ont acheté un noeud papillon qui n'est pas fait. Donc je suis obligée de faire sur le client le noeud pap'. Et puis bon des fois, un peu de nervosité qui s'ajoute, et j'arrive pas bien, donc j'en ai toujours un dans la poche qui est tout fait, et que je peux dépanner le client avec.
Julien Bigard
De la chambre, on entend encore le bruit des travaux, qui à quelques jours du festival, ne sont pas tout à fait terminés.
Alessandro Cresta
Ce sont des pavés du Portugal, qui sont taillés et posés à la main, pièce par pièce.
Julien Bigard
Des pavés pour retrouver un peu de l'âme de ce palace, construit en 1929. La piscine a été comblée. A la place, une terrasse arborée, comme avant guerre.
Alessandro Cresta
Pour faire le jardin, il a fallu l'enlever, on ne pouvait pas faire un jardin et une piscine simultanément. Et puis en face, vous avez la plus grande piscine hein, donc... qui est ouverte toute l'année aussi.
Julien Bigard
Ici, des soirées guinguette seront organisées comme dans les années 30. Un clin d'oeil à l'histoire du palace, parfois douloureuse. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'hôtel est confisqué à son propriétaire Emmanuel Martinez, accusé de collaboration. Il prouvera son innocence, mais ne récupèrera jamais son bien. Encore aujourd'hui, sa fille Suzanne Martinez, 95 ans, réclame réparation. Elle vit dans ce modeste deux pièces, bien loin du palace où elle passait, enfant, tous ses week-ends.
Suzanne Martinez-Kelly
Il y avait des maharadjas, il y a avait des princes il y avait des familles anglaises, il y avait le duc de Windsor, il y avait des gens extraordinaires. De la musique, plein de bijoux, des robes superbes, c'était formidable quoi.
Julien Bigard
L'an dernier, elle est retournée dans l'hôtel qui porte toujours son nom en tant que cliente, invitée par son fils.
Suzanne Martinez-Kelly
C'est l'hôtel quoi ! C'est comme si je rentre dans mon appartement, c'est mon appartement.
Julien Bigard
Pour vous, c'est votre appartement ?
Suzanne Martinez-Kelly
Ben oui, c'est l'hôtel ! Ca n'a jamais été autre chose que l'hôtel.
Julien Bigard
Aujourd'hui, l'hôtel appartient à un fonds qatari. Mais il y a des traditions qui ne se perdent pas, surtout au moment du festival. Nous sommes à La Palme d'or, le restaurant 2 étoiles du palace.
Christian Sinicropi
Deux rougets, deux andouillettes !
Julien Bigard
Dans les cuisines, le chef Christian Sinicropi. Comme chaque année avant le début du festival, le jury se réunit au Martinez. Et le chef réserve toujours une surprise au président du jury.
Christian Sinicropi
Steven Spielberg, ben c'était génial parce que on lui avait fait Les Dents de la mer. Et ce qu'on avait fait, c'est que au moment de servir, on avait fait 10 cuisiniers, 10 serveurs, on avait mis la musique des Dents de la mer. Et d'un coup ils se sont tous arrêtés, ils ont dit : "Mais qu'est-ce que ?"... parce que c'était pas prévu. Et à ce moment-là vous aviez 20 personnes qui arrivent, qui entourent la table comme un banc de requins, et quand la musique s'est arrêtée, boum, on a posé l'assiette. Et là voilà, il est parti en fou rire en disant "Waouh, incroyable, extraordinaire !"
Julien Bigard
Pour ce soir, on sait juste que le chef s'inspirera de l'Australie, pays d'origine de Cate Blanchett, la présidente du jury. Le menu du festival reste l'un des secrets les mieux gardés du palace.