Lancement des travaux de La Part Dieu

02 avril 1968
02m 19s
Réf. 00152

Notice

Résumé :

Coup d'envoi du chantier de La Part Dieu à Lyon, en présence du maire Louis Pradel, du préfet Max Moulins et du président de la région Benoit Carteron. Selon ces personnalités, ce chantier, dont le terrain a été cédé par l'armée, est "l'opération du siècle".

Date de diffusion :
02 avril 1968
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Lieux :

Éclairage

Le 2 avril 1968, en présence du préfet du Rhône, Max Moulins, le maire de Lyon, Louis Pradel et Benoît Carteron, le président de la Société d'Équipement de la Région Lyonnaise (SERL), par ailleurs président du conseil général du Rhône, font symboliquement tomber le dernier pan de mur de l'enceinte de la caserne de la Part-Dieu qui ouvre sur la rue de Bonnel. Cette rue, perpendiculaire au Rhône, qui venait depuis le XIXe siècle buter sur la vaste caserne, sera ainsi prolongée jusqu'au boulevard Vivier-Merle.

Au début des années 1830, il fut décidé de construire une enceinte militaire sur la rive gauche du Rhône. L'enceinte est ponctuée de forts et de redoutes, comme le Fort des Brotteaux ou la redoute de la Part-Dieu. A L'intérieur de cette enceinte est édifiée une vaste caserne pour héberger des régiments de cavalerie : c'est la caserne de la Part-Dieu (22 hectares dit le maire de Lyon). D'autres bâtiments seront également construits autour en liaison avec l'entretien des chevaux, comme le parc à fourrage qui est évoqué dans le reportage. A partir des années 1880, l'enceinte est déclassée mais la caserne est toujours utilisée par l'armée, en particulier par des régiments de cuirassiers qu'évoque le monument devant lequel interviennent le préfet et le maire de Lyon. Il y est écrit « à la gloire des cuirassiers ».

Les transformations de la Part-Dieu ont commencé avant le 2 avril 1968 avec la construction d'immeubles de logements. Elle va se poursuivre avec la construction de la cité administrative d'État et les bâtiments de la communauté urbaine de Lyon, celle du centre commercial et celle de l'auditorium Maurice Ravel. L'achèvement en 1977 de la tour du Crédit Lyonnais marque la fin de la première phase d'aménagement du nouveau quartier.

Après l'élection de Louis Pradel suite au décès d'Édouard Herriot, la municipalité lyonnaise entend s'attaquer au manque criant de logements. Les terrains qui bordent les terrains militaires de la Part-Dieu concentrent de très nombreux petits logements inconfortables, bâtis rapidement au XIXe siècle sur des terrains qui sont, souvent, la propriété des Hospices civils de Lyon. Utiliser les terrains de l'armée comme catalyseur des transformations du parc immobilier était, initialement le premier objectif. A ce projet d'augmentation et d'amélioration du parc immobilier viennent se surajouter les objectifs de la toute nouvelle Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale (DATAR) qui considère qu'il est urgent, pour le développement de l'économie nationale, d'améliorer l'environnement des entreprises. Faire de Lyon une métropole d'équilibre rendrait l'économie régionale moins dépendante de Paris. La Part Dieu doit devenir « un instrument de la décentralisation tertiaire souhaitée par l'État ». Il faut savoir qu'en 1962, Lyon ne rassemble que 3 % du chiffre d'affaires total des entreprises françaises, contre 82.5 % pour Paris. Des discussions entre les différentes parties devaient naître le projet du nouveau quartier multifonctionnel associant commerce et administration, loisirs et centre de décision, avec la perspective d'un nœud de communication. Le logement n'a pas disparu mais il n'est plus au centre du projet.

Le programme mis en œuvre par la SERL dont le président participe à la cérémonie est de répondre à ces différents objectifs. Aujourd'hui, la Part Dieu est le premier quartier d'affaires de la région et le second de France après celui de la Défense.

Bibliographie :

- Rachel Linossier, La territorialisation de la régulation économique dans l'agglomération lyonnais (1950-2005). Politiques, acteurs, territoires, thèse de géographie, Université Lyon 2, 2006.

Jean-Luc Pinol

Transcription

Journaliste
Il était un peu plus de 11 h ce matin lorsqu’en présence de Monsieur Max Moulins, préfet de la région Rhône Alpes, Monsieur Carteron et Monsieur Pradel sont tour à tour montés dans un bulldozer et…
(Bruit)
Journaliste
Une autre page de l’histoire de la Part-Dieu venait d’être tournée. Les personnalités invitées, voyaient la rue de Bonnel telle qu’elle se présentera finie bientôt du quai au boulevard Vivier-Merle. Monsieur le préfet, Monsieur le président, Monsieur le Maire, après ces gestes plus que symbolique, que va-t-il se passer ici ?
Benoît Carteron
Et bien, si vous permettez, en commençant cette réunion que nous avons eu ce matin, j’ai évoqué un souvenir auprès de mon ami, Monsieur le Maire de Lyon, il y a exactement une quinzaine d’années, à la sortie d’une réunion à laquelle nous avions agité le problème de la Duchère, Monsieur le Maire Pradel m’a dit: "je pense que nous devrions penser exactement dès maintenant à la Part-Dieu." Et alors, pour ceux qui savent ce que sentimentalement la Part-Dieu représentait pour la région lyonnaise, cela apparut dès cette époque comme à peine réalisable. Et puis, quand nous sommes sortis de la réunion, nous avons conclu que faire la Part-Dieu, c’était faire l’opération du siècle.
Louis Pradel
L’opération Part-Dieu, elle remonte si vous voulez à à peine 10 ans, date à laquelle les militaires ont été très gentils avec la ville de Lyon, avec moi en particulier, pour me céder ce magnifique domaine de 22 ha en plein cœur de la ville. Or, comme vous l’avez dit tout à l’heure, nous avons commencé déjà, ce n’est pas le premier coup de bulldozer que nous donnons puisque, en effet, au parc à fourrage, nous avons commencé à donner le premier coup de bulldozer et coup de pioche en même temps pour la construction des 300 premiers logements et également pour l’ouverture du chantier de l’ORTF qui est en train de se terminer. Maintenant, c’est les cités administratives qui sont construites, une de l’Etat, Monsieur le préfet s’en occupe activement et puis enfin, la communauté urbaine aura également ses locaux sur le boulevard Eugène Deruelle.