La réserve du Bagnas
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Résumé
Propriété du Conservatoire du littoral, la réserve naturelle du Bagnas représente un site ornithologique exceptionnel. L’association chargée de sa gestion et de son entretien a mis en place un recensement des migrations des oiseaux et une surveillance du niveau des eaux, élément indispensable à l’accueil de certaines espèces.
Date de publication du document :
21 déc. 2022
Date de diffusion :
01 oct. 2004
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Contexte historique
ParChercheur CNRS (Centre national de la recherche scientifique) au CEFE (Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive, Montpellier)
Située à l’extrémité ouest du bassin de Thau, allant de Marseillan au Cap d’Agde, la réserve du Bagnas est la plus grande réserve littorale du Languedoc-Roussillon. C’est une mosaïque exceptionnelle de milieux méditerranéens comprenant plages et dunes, prés secs et salés, sansouïres [1], marais temporaires, lagunes, roselières, petits bois de tamaris et terrains cultivés de vignes et de pâturages. Unissant mer et terre, la réserve du Bagnas est un haut lieu de la biodiversité. Les étendues lagunaires du Grand et du Petit Bagnas, propriétés du Conservatoire du littoral [2], sont classées « réserve naturelle nationale » depuis 1983 et « site Natura 2000 » depuis 2010. La réserve est née d’une mobilisation citoyenne souhaitant préserver de l’urbanisation cette zone humide remarquable.
Les oiseaux constituent l’intérêt majeur du site, qui est utilisé comme point d’étape, d’hivernage ou de nidification par près de 250 espèces, souvent rares et/ou menacées. On peut y voir 8 des 9 espèces d’Ardéidés [3] observables en Europe occidentale, ainsi que limicoles [4], sternes, canards, foulques, rolliers, guêpiers, et même des espèces plus rares comme Coucou-geai, Cigogne noire, grèbes, et une douzaine d’espèces de rapaces dont le Balbuzard pêcheur et le Faucon pèlerin. La flore compte de nombreuses espèces végétales intéressantes et en particulier des roseaux (Phragmites australis), où nichent et s’abritent beaucoup d’oiseaux, ainsi que quantité de plantes adaptées aux milieux humides dont différentes espèces d’orchidées.
Les besoins des oiseaux qui fréquentent la réserve diffèrent d’une espèce à l’autre et au cours de l’année, obligeant à une gestion différente de l’espace en fonction des saisons. Comme nous l’expliquent Renaud Dupuy de la Grandrive, conservateur de la réserve, et Fabien Valles, technicien, la gestion de la réserve comprend la maîtrise du niveau d’eau (par des systèmes d’écluses) et le contrôle des espèces végétales envahissantes (par des méthodes manuelles non destructrices). La protection contre la pression touristique est également une préoccupation constante qui exige un contrôle des accès autorisé par une réglementation adéquate. Des animations de découverte et de sensibilisation sont organisées permettant d’observer la flore et la faune sans les déranger.
La réserve est gérée par l’ADENA, une association de préservation et de sensibilisation à la nature, experte en zones humides littorales méditerranéennes. Cette structure a ancré son action locale autour de la réserve naturelle nationale du Bagnas dont elle est gestionnaire depuis sa création en 1983. Ainsi, depuis près de quarante ans, elle protège, anime et gère la réserve, en concertation avec les acteurs locaux. Aujourd’hui, l’expertise scientifique et pédagogique de l’ADENA s’étend sur un territoire élargi aux espaces connexes à la réserve. Elle œuvre activement dans les projets liés à la préservation des zones humides et travaille en partenariat avec des réseaux locaux et nationaux de scientifiques, naturalistes et d’éducation à l’environnement.
[1] Sansouïre : habitat composé de terres périodiquement inondées très salines, recouvertes de salicornes, de soudes et de saladelles
[2] Conservatoire du littoral (ou Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres) : établissement public administratif national français créé en 1975, dont l’objectif est d'acquérir des terrains afin qu'ils ne soient pas construits ou artificialisés, surtout sur le littoral, mais aussi sur le domaine public maritime, les zones humides des départements côtiers, les estuaires, le domaine public fluvial et les lacs. Il contribue également à protéger le patrimoine culturel du littoral (forts, redoutes, batteries, phares, etc.). Établissement membre de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il n'a pas d'équivalent dans d'autres pays.
[3] Ardéidés : famille d’oiseaux échassiers de taille moyenne à grande, avec un long cou, un long bec et de longues pattes, qui fréquentent surtout des milieux humides et comprennent hérons, aigrettes et butors.
[4] Limicoles : petits échassiers de l'ordre des Charadriiformes qui vivent et s’alimentent sur les vasières, comprenant par exemple : échasses, avocettes, chevaliers, gravelots, bécasses…
Transcription
(Cliquez sur le texte pour positionner la vidéo)
(Bruit)
Florent Hertmann
La réserve du Bagnas est la plus grande réserve littorale du Languedoc-Roussillon.Six cents hectares d’une importance capitale pour l’accueil des oiseaux d’eau.Le Bagnas est une terre miraculée, un grand parc de loisirs et un golf étaient prévus sur le site avant qu’il ne soit finalement classé en réserve naturelle nationale il y a 20 ans.
Jérôme Fuselier
La réserve naturelle du Bagnas c’est tout ce périmètre ici compris entre Marseillan, Marseillan-Plage, la ville d’Agde et ses 20 000 personnes pendant l’année et surtout la station du Cap d’Agde avec 250 000 personnes pendant l’été.
Fabien Valles
Ah les foulques, moi je préfère les canards.
Florent Hertmann
La principale richesse de la réserve ce sont ses oiseaux, au total 240 espèces dont les trois-quarts sont protégés.Certains viennent y nicher, d’autres ne font que passer.
Renaud Dupuy-de-la-Grandrive
Le Héron pourpré, là un exemple intéressant, c’est une espèce qui passe son hiver en Afrique, au fin fond de l’Afrique, et qui vient chez nous à la belle saison à partir du printemps pour venir nicher en particulier dans les roseaux.Alors ceux-là c’est, ils sont bien connus, on les appelle la Huppe fasciée qui a une jolie huppe sur la tête, le Rollier d’Europe et surtout le Guêpier d’Europe qui est un oiseau très, très, très beau, ce sont les plus colorés que nous connaissons chez nous et ceux-là ils sont déjà partis en Afrique.
Florent Hertmann
À chaque saison, la réserve change de locataire.Après avoir passé l’été dans le Nord de l’Europe, les canards ont réservé l’emplacement pour l’hiver.Toutes les semaines, Fabien vient observer les oiseaux pour recenser les départs et les arrivées.
Fabien Valles
L’hiver on a de gros rassemblements de foulques par exemple où on peut atteindre 2 à 3000 individus dans un même groupe.Donc là, on va plutôt évaluer la population en prenant, en comptant 50 individus par 50 individus en fait.Et sur les canards par contre on est un peu plus précis, là on va compter un par un pour avoir une idée fixe de la population qui est présente sur le site.
(Bruit)
Florent Hertmann
Renaud et Fabien sont aux petits soins avec leurs pensionnaires afin de leur garantir les meilleures conditions d’accueil.Un critère très important pour les oiseaux, c’est l’eau.Il faut donc veiller régulièrement à modifier le niveau d’eau dans la réserve afin de répondre à leurs exigences.
Renaud Dupuy-de-la-Grandrive
Ces canards, en hiver, ont besoin en général d’un niveau d’eau assez important, on va dire 70, 80 centimètres d’eau dans la réserve ;alors qu’en été on a d’autres espèces, ce qu’on appelle les limicoles, ceux qui viennent dans la boue pour piquer des petits vers, il y a tout un tas d’espèces comme ça, eux ont besoin d’avoir peu d’eau, sinon ils se noient, en gros.
(Silence)
Florent Hertmann
Le Bagnas forme une remarquable mosaïque de milieux et de paysages méditerranéens.Un joyau naturel que l’association qui gère la réserve a pour mission de protéger et d’entretenir afin de maintenir la biodiversité de la faune et de la flore.Sa gestion passe notamment par la lutte contre certaines plantes envahissantes qu’ici on arrache à la main.
Jérôme Fuselier
Alors ici c’est une intervention qu’on veut douce, c’est-à-dire qu’on va privilégier les techniques manuelles au détriment du mécanique pour ne pas pénaliser les espèces qui sont plus petites, plus rares ou voire les insectes, les amphibiens ou les batraciens.
Florent Hertmann
La réserve résiste vaillamment à la pression touristique et à l’attrait que représentent ces dunes pour son voisin le camp naturiste du Cap d’Agde.Propriété du Conservatoire du littoral depuis quelques mois, l’espace naturel bénéficie désormais d’une protection et d’une règlementation très stricte.Un arsenal pourtant insuffisant pour décourager l’espèce vivante la plus envahissante, très attirée par ce site sauvage que les agents de la réserve continuent d’entretenir contre vents et marées.Aujourd’hui, la réserve du Bagnas respire enfin grâce au cadre juridique qui la sauvegarde et qui lui permet également de canaliser la présence du public.Mais elle reste un espace fragile et vulnérable soumis au bon vouloir des collectivités qui assurent son financement et sa survie.
(Bruit)
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