Les Aciéries Réunies de Burbach Eich Dudelange
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Résumé
Le groupe luxembourgeois des Aciéries Réunies de Burbach Eich Dudelange (Arbed), après avoir pris une participation dans la sidérurgie sarroise, vient de signer un accord avec le triangle de Charleroi, son homologue belge. Le point sur ces accords et les restructurations qui en découlent.
Date de publication du document :
Février 2022
Date de diffusion :
18 avr. 1978
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Contexte historique
ParJournaliste
Depuis 1960, la sidérurgie européenne vit des crises à répétition. En cause, les surcapacités d’acier et le manque d’investissements dans les outils de production. Les installations vétustes côtoient les équipements les plus modernes, ce qui fragilise les principaux sites.
Fondée en 1951 dans le cadre du traité de Paris, la CECA, la Communauté européenne du charbon et de l’acier regroupe six nations d’Europe de l’Ouest : la France, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Italie. À l’origine, elle vise à empêcher une nouvelle guerre en imbriquant des intérêts communs. Elle dote aussi les pays qui la composent de principes supranationaux.
Ces compétences vont se révéler déterminantes dans la gestion de la crise de l’acier qui touche les producteurs européens. Cette crise va atteindre son paroxysme dans les années 70. Pour tenter de la juguler, la Commission européenne met en œuvre en 1977 le « plan Davignon ». Il porte le nom d’Etienne Davignon, commissaire européen chargé du Marché intérieur et des Affaires industrielles. Le reportage illustre bien l’urgence pour les sidérurgistes de se restructurer au-delà des frontières nationales. La survie passe par le regroupement des installations. Ainsi, après s’être allié avec les Sarrois, l’Arbed (Aciéries Réunies de Burbach-Eich-Dudelange) signe en 1978 un accord avec les sidérurgistes belges du triangle de Charleroi et le complexe maritime Sidmar (Siderurgie Maritime) à Gand. Avec une capacité de 20 millions de tonnes par an, cette nouvelle entité devient le 3ème producteur mondial d’acier.
Si ce plan acier permet de liquider les équipements obsolètes et de retrouver de la compétitivité, cela s’accompagne aussi d’une casse sociale sans précédent. Le chiffre cité par la journaliste donne le tournis : 23 000 emplois seront liquidés d’ici 1983. C’est-à-dire en 5 ans…
Après une courte embellie, la sidérurgie européenne replonge dans la crise. La sidérurgie lorraine en paiera le prix fort. En décembre 1978, Usinor annonce la suppression à Longwy de 6 500 emplois. L’agonie de la sidérurgie longovicienne durera jusqu’en juillet 1987 avec la fermeture de la dernière usine du bassin : La Providence à Réhon qui bénéficia pourtant de la construction d’une aciérie ultra moderne. Lors de sa création, la CECA portait aussi des principes d’accompagnement social. Ils autorisèrent la mise en place de mesures de compensation financières, de dispenses d’activités et de préretraites avec la convention générale de protection sociale. La mise en œuvre de ces mesures est aussi le résultat d’une lutte acharnée des sidérurgistes et de la population confrontés à la liquidation brutale de la sidérurgie longovicienne.
Le secteur de l’acier fonctionne par cycles et le maintien de la compétitivité face à une féroce concurrence internationale impose une course permanente aux investissements et aux regroupements. Les décennies qui vont suivre la mise en œuvre du « plan Davignon » témoignent de ces grandes manœuvres jusqu’à la création du leader mondial Arcelor né en février 2002 de la fusion Arbed/Acéralia/Usinor avant d’être lui-même absorbé en juin 2006 par ArcelorMittal aujourd’hui numéro 1 mondial de l’acier.
Transcription
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Pascale Henninot
Après avoir pris une participation dans la sidérurgie sarroise, le groupe luxembourgeois Arbed vient de signer un accord avec le Triangle de Charleroi, son homologue belge.Cet accord porte essentiellement sur des échanges de programmes de fabrication.Les conséquences se feront sentir à trois niveaux :au niveau industriel tout d’abord, 450 000 tonnes de produits plats initialement laminés par l’Arbed le seront désormais par le Triangle de Charleroi.En contrepartie, l’Arbed laminera 250 000 tonnes de poutrelles et 150 000 tonnes de feuillards en provenance du Triangle.Enfin, la Sidmar, aciérie belge contrôlée à 100 % par l’Arbed, laminera elle aussi des produits du Triangle, 250 000 tonnes environ.Grâce à ce système d’échange, les installations vétustes des deux groupes seront progressivement abandonnées.Au niveau social, cette restructuration va s’accompagner d’environ 23 500 suppressions d’emploi d’ici à 1983, ce qui retient sans doute l’attention des syndicats.Enfin, au niveau financier, la restructuration envisagée va nécessiter plusieurs plans de financement.En fin de course, on devrait aboutir à la constitution d’un groupe sidérurgique qui se situera au troisième plan mondial avec une capacité de production de 18 à 20 millions de tonnes par an.Une perspective qui n’enchante guère les sidérurgistes français qui ont du mal à envisager des restructurations au-delà de leurs frontières.Cette solution semble être pourtant le seul avenir de la sidérurgie.D’autre part, toujours dans le domaine sidérurgique, demain aura lieu à Bruxelles une réunion importante pour les sidérurgistes du marché commun.Eh oui, si les « Bresciani », autrement dit les sidérurgistes de l’Italie du Nord, ne veulent pas observer enfin la discipline des prix, Bruxelles laissera les gouvernements des pays de la CECA libres de prendre des mesures à leurs frontières.Par ailleurs, il est intéressant de noter que l’acier dans le marché commun va mieux, les premiers effets du plan d’Avignon se font donc sentir.En ce qui concerne la France, pour le premier trimestre, on a enregistré une hausse des commandes de plus 2,2 % par rapport à la même période en 77.
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