Les usines lyonnaises d'exportation
Notice
Le reportage présente quelques grandes entreprises lyonnaises de l'exportation. De Berliet en passant par Rhodiaceta, Teppaz ou encore Delle, ces usines vendent une partie de leur production à l'étranger.
Éclairage
Longtemps, les entreprises françaises n'ont pas été parmi les championnes pour l'exportation d'autant plus que les colonies constituaient une sorte de marché réservé. Au début des années 1960, la période coloniale s'achève et il devient impératif pour l'économie française de s'ouvrir. Valéry Giscard d'Estaing, ministre des Finances et des Affaires économiques depuis 1962, incarne bien la volonté d'ouverture. Ce souci de favoriser la compétitivité des produits manufacturés est aussi accentué par la signature du traité de Rome en 1957 qui prévoit la suppression des droits de douane entre les pays signataires du traité. Cette suppression des droits de douane, initialement prévue pour 1972 a été avancée au début de l'année 1968. Cette mesure provoque d'ailleurs une forte augmentation des échanges intracommunautaires.
C'est donc dans ce contexte que le ministre des Finances doit prononcer un discours le 25 avril 1965 à Lyon. Les actualités régionales saisissent l'occasion pour présenter quatre entreprises de l'agglomération lyonnaise qui font de gros efforts pour réussir à exporter, en Europe d'abord, mais bien au delà. Quatre entreprises sont présentées : Berliet d'abord, Rhodiaceta et Teppaz ensuite et pour finir, la société Delle. Les trois premières sont des entreprises qui furent, au moins à leur début, des entreprises familiales dont les fondateurs sont des lyonnais. Qu'il s'agisse de Berliet, constructeur de voitures automobiles puis de camions qui a quitté le quartier de Monplaisir à Lyon pour s'installer à Vénissieux dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale. En 1965, le fondateur, Marius Berliet n'est plus et c'est son fils, Paul, qui tient les commandes de l'entreprise.
Aux lendemains de la Première Guerre mondiale, la famille Gillet créée à Vaise, une entreprise de soie artificielle à partir d'acétate de cellulose, à l'origine du premier nylon européen. Au départ l'entreprise s'appelle d'ailleurs Rhodiaseta (seta signifiant soie en latin) avant de changer pour Rhodiacéta (« aceta » renvoyant à acétate) au milieu des années 1930. L'usine de ce qui deviendra par la suite Rhône-Poulenc textile connaît une grande expansion qui participe de la vie du quartier ouvrier de Vaise. Ce que la Rhodia signifie pour Vaise, Teppaz l'est pour la Croix Rousse. C'est en effet là que Marcel Teppaz, un mécanicien lyonnais installe, en 1937, un atelier de radio et d'amplificateurs. Pendant la guerre, il a l'idée de remplacer la manivelle des phonographes par un petit moteur électrique et commence alors l'aventure du tourne-disque puis de l'électrophone portatif qui va faire le succès de l'entreprise. Le succès du Teppaz est inséparable des années yéyé et des surprises-parties, mais il déborde, et de beaucoup les frontières de l'hexagone, comme en témoigne l'obtention en 1962 de l'Oscar de la meilleure entreprise française à l'exportation.
Seule la dernière entreprise citée la société Delle, filiale de la compagnie générale d'électricité n'est pas, une entreprise familiale lyonnaise. La CGE est aussi impliquée dans la compagnie des Câbles de Lyon. Sa filiale Delle exporte 60% de sa production sur tous les continents.
Le reportage souligne leur compétitivité à l'exportation par toute une série de gros plans sur les emballages d'expédition qui indiquent les pays de destination et que souligne l'énumération des pays destinataires dans le commentaire. La leçon du reportage est claire : le marché des entreprises françaises déborde, et de loin, l'ancien empire colonial.