Auch, capitale de la Gascogne
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Résumé
Sur la route de Compostelle se trouve Auch, capitale historique de la Gascogne. Après une ascension de la ville par les pousterles qui relient la basse ville à la haute ville, nous découvrons la cathédrale d’Auch, son chœur et ses stalles en bois sculpté, ainsi que ses magnifiques vitraux réalisés par Arnaud de Moles au XVIe siècle.
Date de publication du document :
14 sept. 2021
Date de diffusion :
30 nov. 2013
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Contexte historique
ParConservateur délégué des antiquités et objets d’art du Gers
Publication : 14 sept. 2021
La journaliste Hélène Bassas fait halte à Auch, chef-lieu du département du Gers et capitale de la Gascogne. Tout le long du reportage, l’histoire et le patrimoine de la ville sont contés avec talent par Charlotte de Malet, alors guide-conférencière au service Pays d’Art et d’Histoire de la communauté d’agglomération du Grand Auch. En effet, le label « Pays d’art et d’histoire », attribué par l’État à la communauté d’agglomération du Grand Auch en 2011, a permis à cette collectivité d’employer des guides-conférenciers agréés, chargés d’animer des ateliers pédagogiques pour les jeunes publics, des conférences et des visites guidées sur l’ensemble du territoire de l’agglomération.
La ville d’Auch se caractérise par son relief. Le Gers, rivière qui donne son nom au département, traverse la ville au pied d’un promontoire qui délimite la « ville haute » et la « ville basse », dans la plaine. Cette rivière, contrairement à sa voisine la Baïse, n’a jamais été navigable : ni port, ni commerces n’ont directement découlé de ce cours d’eau. Cela n’a nullement empêché le développement de la ville d’Auch. L’essor de la ville trouve sans doute son origine dans la présence des archevêques qui se succèdent pendant plusieurs siècles dès le Moyen Âge et contribuent grandement à façonner la cité. La cathédrale Sainte-Marie en est la principale merveille. Point central et culminant de la cité d’Auch, la cathédrale ne cesse de dévoiler de véritables chefs-d'œuvre dont les vitraux du chevet réalisés par Arnaud de Moles, maître-verrier du XVIe siècle, et les stalles (ensemble en bois sculpté sous la Renaissance).
Les vitraux les plus anciens de la cathédrale d’Auch ne manquent pas d’éblouir par leurs couleurs vives et le raffinement des motifs qui se déploient sous les yeux des visiteurs. Ces verrières sont au nombre de dix-huit et sont régies notamment par trois vitraux historiés représentant successivement : la Création ou le Péché originel, la Crucifixion et la Résurrection. Cette dernière verrière, suprême faveur, expose non seulement la signature de l’artiste, mais aussi la date d’achèvement de l’œuvre, le 25 juin 1513.
Dans le chœur de la cathédrale d’Auch, se dresse un autre trésor de la Renaissance : les stalles, cent treize sièges en bois de chêne sculptés durant plus de quarante ans par des artistes demeurant anonymes faute d’éléments manuscrits d’époque. Ces sculpteurs ne manquaient pas de talent : le foisonnement des détails et la richesse des personnages et des scènes apparentes en témoignent. Ce vaste ensemble en bois sculpté situé dans un chœur résolument clos forme une véritable église dans l’église, renforçant d’autant plus le caractère sacré de ce sanctuaire gothique.
Aux abords de la cathédrale, se déroulent les typiques pousterles : des ruelles fort étroites et escarpées, venues tout droit des confins du Moyen Âge, qui permettaient aux Auscitains de rallier les rives du Gers depuis la ville haute.
Dernier édifice de cette visite, l’escalier monumental, entièrement construit sous le Second Empire, qui déploie ses trois cent soixante-quatorze marches, jalonné de doubles volées ajoutant au rendu spectaculaire du monument. Sur la dernière terrasse, surplombant le Gers se dresse la statue du plus célèbre des Gascons : Charles de Batz de Castelmore, dit d’Artagnan, réalisée de la main du sculpteur tarbais Firmin Michelet. Cet escalier monumental est inscrit, depuis 1994, à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
Bibliographie
- Arch. dép. du Gers, 1 E dépôt, fonds des archives historiques de la ville d’Auch.
Transcription
(Cliquez sur le texte pour positionner la vidéo)
(Musique)
Hélène Bassas
Sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle qui traversent le Gers, la voie d’Arles nous mène à Auch, notre dernière destination.Cette ville est considérée comme la capitale historique de la Gascogne.Au centre du département, elle trône, juchée sur son promontoire.
(Musique)
Hélène Bassas
Auch est une ville riche.
Charlotte de Malet
Oui, Auch est une ville aussi un peu biscornue en ce sens qu’elle a deux étages, deux niveaux :la ville basse, près du Gers, où sont la richesse économique, l’artisanat, les moulins, la ville romaine aussi était en bas pour le commerce, et puis la ville, la haute ville, qui se gagne, qui se mérite, qu’il faut, comme vous le voyez, monter, pour y arriver.Ce que faisaient d’ailleurs les pèlerins pendant extrêmement longtemps pour arriver, donc, au point supérieur où se dévoilait, pardon, toute cette richesse spectaculaire même, aux yeux et au coeur du pèlerin.
(Bruit)
Charlotte de Malet
Pour faire le lien entre cette basse et cette haute ville avec cet escarpement, eh bien, vous avez les pousterles.Ce sont ces rues très, très étroites avec des marches.Impossible de passer un chariot, une voiture ou quoi que ce soit.On marche à pied, deux hommes de front, un homme avec une mule, pour aller chercher par exemple les sacs de grains.
Hélène Bassas
Quand même, on utilisait la mule.
Charlotte de Malet
Oh sûrement quand même.Et ce sont des rues qui sont toujours utilisées par les Auscitains pour faire ce lien de ce côté-ci de la ville.
Hélène Bassas
Les habitants d’Auch.
Charlotte de Malet
Les habitants d’Auch, les Auscitains, tout simplement parce que les routes sont de l’autre côté.Il n’y a pas d’accès par route ici.
Hélène Bassas
Entre la ville basse et la ville haute.
Charlotte de Malet
Entre la ville basse et la ville haute.
(Bruit)
Hélène Bassas
On poursuit l’ascension.
Charlotte de Malet
Eh oui, on continue à monter à Auch toujours.Parce qu’en haut des pousterles, eh bien, il faut franchir le mur de la ville, de la haute ville.Et celui-ci…
Hélène Bassas
Remparts ?
Charlotte de Malet
Les remparts.Il faut encore d’ailleurs monter.On n’arrête pas de monter ici après les pousterles et, après quelques essoufflements, arriver à un endroit où l’éblouissement est tel qu’on n’en oublie toutes ces fatigues et pour découvrir parmi les principaux trésors de cette ville, sans doute le principal, qui est la cathédrale.
(Musique)
Hélène Bassas
Cette cathédrale est belle.Mais qu’est-ce qu’elle symbolise ?
Charlotte de Malet
Elle symbolise un pouvoir avant tout.Un pouvoir religieux, pouvoir des archevêques, des archevêques d’Auch qui étaient extrêmement puissants, qui ont gouverné une province ecclésiastique très vaste, qui allait de l’océan jusqu’aux Pyrénées.Ils ont voulu ériger un bâtiment digne de ce nom…
Hélène Bassas
Formidable.
Charlotte de Malet
Digne de ce nom.
(Musique)
Charlotte de Malet
Projet très long, 200 ans.Proportion énorme, 100 mètres de long, des voûtes qui vont jusqu’à 26 mètres de haut.
Hélène Bassas
Il y a un trésor dans cette cathédrale ?
Charlotte de Malet
Oui, il y a un trésor exceptionnel.Quelque chose qui vaut plus que la cathédrale en elle-même et ces proportions gigantesques.Ce sont les vitraux.Les vitraux du choeur, ceux d’Arnaud de Moles, qui a réalisé 400 mètre carrés de verrières, intactes encore, qu’il a fini de poser le 25 juin 1513.Ça fait donc 500 ans, depuis fort peu de temps, qu’il a signé, qu’il a considéré qu’il avait fait une oeuvre d’art magique, magistrale.Ce qui est véritablement le cas quand on regarde les vitreries qui restent, qui montrent des couleurs spectaculaires, des personnages truculents, vêtus de vêtements plus somptueux les uns que les autres, peut-être inspirés du théâtre d’ailleurs, et qui racontent la grande histoire de Dieu, qu’il raconte d’une manière d’ailleurs un peu particulière, avec des personnages issus de l’Ancien Testament et du Nouveau, avec de jeunes femmes, les sibylles, qui sont des prophétesses païennes censées avoir annoncé la venue du Christ aussi, et puis avec des petites scènes complémentaires qui insistent sur quelques points de cette histoire religieuse jusqu’au moment le plus important, celui qui est dans la chapelle d’axe, où là, on nous montre une véritable scène et non pas seulement des personnages, véritable scène qui est la crucifixion, qui est l’apnée, l’apothéose véritablement de ces verrières.
(Musique)
Hélène Bassas
Arnaud de Moles était plus qu’un artisan qu’un maître verrier.
Charlotte de Malet
Oui, c’était véritablement un artiste.D’ailleurs, il a signé.Donc, c’est bien qu’il considérait qu’il avait réalisé véritablement un chef-d’oeuvre.
Hélène Bassas
Il a un style particulier.
Charlotte de Malet
Plus qu’un style, c’est vraiment une synthèse.Une synthèse des différents styles qui existent à l’époque, entre le côté médiéval encore, qui est de la technique, qui est du style local, et puis des influences extérieures, notamment la Renaissance italienne, la Renaissance flamande, qu’il arrive à synthétiser dans ses vitraux.On le voit bien dans la crucifixion où l’anatomie du Christ est véritablement déjà une anatomie classique, à l’italienne, alors que le paysage qui est derrière intègre les données des perspectives flamandes par exemple, le tout avec un entourage, un encadrement, qui est un arc en plein centre mais avec des décors gothiques.Et c’est cette synthèse qui est véritablement exceptionnelle dans cette oeuvre que l’on trouve rarement par ailleurs, surtout si tôt dans le XVIe siècle.On n’est que dans la première décennie pratiquement.
Hélène Bassas
Est-ce qu’on peut parler de chef-d’oeuvre ?
Charlotte de Malet
Oui, on peut parler de chef-d’oeuvre, à plusieurs titres d’ailleurs, parce qu’il est aussi un excellent maître verrier.C’est-à-dire qu’il arrive à cumuler cet aspect technique et cet aspect stylistique qui en font véritablement une oeuvre totalement exceptionnelle.
(Musique)(Bruit)
Charlotte de Malet
Alors, venez Hélène.Je vais vous emmener dans un endroit où personne n’a le droit d’aller mais moi, j’ai la clé.Alors, juste, je vous demande de baisser la tête en rentrant dans la petite porte.
(Musique)
Charlotte de Malet
Vous me suivez ?
Hélène Bassas
Oui.
(Musique)(Bruit)
Hélène Bassas
Ah oui !D’ici, on comprend tout !
Charlotte de Malet
Voilà, Hélène.D’ici, on comprend ce choeur clos, ces stalles, qui font véritablement que c’est une église dans l’église, l’église des clercs donc.Les stalles qui sont en plus un chef-d’oeuvre de menuiserie et de sculpture sur bois véritablement exceptionnel, 113 stalles de chêne qui permettent donc aux chanoines, aux prêtres, aux clercs, de vivre leur vie de clerc sans être importunés, entre guillemets, par les pèlerins, les fidèles qui déambulent tout autour.
Hélène Bassas
Ça a demandé un travail fou.On a commencé quand les travaux de ces stèles ?Stalles, pardon.
Charlotte de Malet
Alors, on pense qu’ils ont été commencés vers 1510 et elles sont terminées en 1554, soit 6 ans après la consécration du choeur.Alors, 40 ans, ce n’est pas très cher payé pour un travail de cette qualité-là, qui…
Hélène Bassas
Qui perdure dans le temps.
Charlotte de Malet
Qui perdure.
Hélène Bassas
Et qui nous arrive intact aujourd’hui.
Charlotte de Malet
Intact ! qui n’a jamais bougé, et qui est véritablement là aussi l’autre des très grands trésors de cette cathédrale.
(Musique)
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