Logements en cités minières
Notice
D'ici 2013, la totalité des anciennes cités minières du Nord et du Pas-de-Calais devront être rénovées et aménagées. Reportage chez la famille Leroy qui combat l'insalubrité de son logement malgré les réclamations auprès de la SOGINORPA. A la Cité de la Clochette à Douai, les Dussel vivent depuis cinq ans dans une maison rénovée de bas en haut ; la vie du couple a changé. Jean Pierre Kucheida, président de Maisons et cités va faire porter ses efforts sur cette rénovation. Daniel Canepa, préfet de région, se félicite de ces rénovations.
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Éclairage
Entre les années 1970 et les années 1990, l'avenir et le statut des logements miniers ont fait l'objet d'importants débats entre leur propriétaire originel, les Houillères du bassin Nord-Pas-de-Calais (HBNPC), l'Etat et les collectivités locales. Progressivement cependant la situation se stabilise. A partir de 2002, elle repose dans les mains de l'Epinorpa, établissement public rattaché à la région Nord-Pas-de-Calais. Ce groupe contrôle, via sa filiale Soginorpa Maison et Cités, 90 % du parc minier, soit environ 63 000 logements, ce qui en fait le premier bailleur régional. Le reste est la propriété d'une entreprise sociale pour l'habitat (la Société Immobilière de l'Artois).
Dans les années 2000, ce parc immobilier minier demeure encore singulier à plus d'un titre. Il est tout d'abord plus ancien que la moyenne et voit se superposer différentes strates d'habitat (des classiques corons jusqu'aux "camus" bâtis après la Seconde Guerre mondiale en passant les cités-jardins). Un nombre important de ces logements nécessite donc encore d'importants travaux de réhabilitation et de rénovation (mise aux normes sanitaires et techniques, notamment sur le plan du chauffage et de l'énergie). Ils font par ailleurs coexister deux populations différentes : d'une part les retraités et ayant-droits du régime minier (le droit au logement gratuit fait partie du Statut du mineur de 1946), d'autre part des locataires classiques. La population des ayant-droits est de plus en plus âgée et elle est amenée mécaniquement à disparaître au profit des locataires, globalement beaucoup plus jeunes. Le parc minier est destiné à devenir un parc locatif normal, conservant toutefois une vocation sociale. Les travaux de rénovation qu'évoque ce reportage doivent accompagner cette évolution. Si l'habitat des cités dispose d'un certain nombre d'atouts (il est par exemple individuel à 99%), il souffre encore d'un déficit d'attractivité : l'image minière continue à peser et il est encore souvent perçu comme peu moderne et peu confortable. Sa réhabilitation est dans ces conditions inséparable de la transformation de sa population. En même temps les caractères propres des cités minières font partie intégrante de l'histoire du bassin et doivent être préservées.
Le logement est en somme un bon témoin du double défi que doivent aujourd'hui relever les anciennes régions industrielles s'agissant de leur héritage minier : d'un côté il s'agit de transmettre et de valoriser un patrimoine, de l'autre il ne faut rien figer et insérer cet héritage dans un nouvel avenir social, économique et écologique. Les décisions récentes concernant l'habitat minier atteste cette double dynamique. Un certain nombre de cités, dûment rénovées, font partie des sites classés par l'UNESCO en 2012. En même temps, elles poursuivent leur mutation. En janvier 2014, Soginorpa Maisons et Cités est devenue une société HLM comme une autre, traduisant ainsi le retour de l'habitat minier dans le droit commun. On s'intéresse aussi de plus en plus aux possibilités que recèlent ces logements (notamment les cités-jardins) en matière de développement durable.