La fermeture de l’école du village de Cigné
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Résumé
Les enfants de Cigné jouent pour la dernière fois dans la cour d'école de leur village. A la rentrée prochaine ils rejoindront le Regroupement pédagogique d'Ambrières-les-Vallées, tout récemment rénové, à l'initiative du maire Guy Ménard, qui explique son choix. Si le restaurant de Cigné fait recette, il n'en est pas de même de l'école qui accueille trop peu d'élèves, ce que reconnaissent, résignés, les habitants interviewés.
Date de publication du document :
01 sept. 2021
Date de diffusion :
03 juil. 2019
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Contexte historique
ParProfesseur certifié d'histoire-géographie au collège Volney, Craon (Mayenne)
Publication : 01 sept. 2021
Le nombre d’élèves dans un établissement suit en même temps plusieurs données démographiques comme le taux de natalité et son évolution. En ce qui concerne ce taux, il y a eu le « baby boom » des années 1945-1960, mais il est très loin de nous. Par la suite, les naissances ont diminué en nombre. Plus récemment, nous avons connu en Mayenne un petit « boom » des naissances vers 2000-2010. Depuis lors, le nombre de naissances est en baisse. Il est bien évident que ces fluctuations se traduisent par des hausses ou des baisses d’effectifs dans les écoles maternelles (au bout de 3 ans), dans les écoles primaires (au bout de 6 ans), dans les collèges (au bout de 11 ans) et dans les lycées (au bout de 15 ans)… Ce décalage est devenu mathématique puisque, pour des raisons budgétaires, il n’y a plus les « redoublements » ou « doublements » de classes qui permettaient à beaucoup d’enfants de progresser à leur rythme. Notons que la France garde une natalité élevée par rapport à ses voisins allemands, italiens ou hongrois. Une des principales raisons est le fait que dans notre pays l’école, le collège, le lycée, voire la commune gardent les enfants toute la journée en semaine ce qui est loin d’être le cas chez nos voisins européens…
Les flux de populations d’un département à l’autre, d’une commune vers une autre jouent aussi un rôle dans l’ouverture ou la fermeture de classes ou encore d’écoles. Des années 1850 aux années 1970, la population a massivement quitté les communes rurales pour rejoindre les villes. C’est ce que l’on a appelé l’exode rural. Pourtant, depuis les années 1970, sans que le phénomène se soit inversé, la campagne a trouvé un attrait chez les citadins. Il ne faut pas exagérer ce phénomène, mais il est évident que les petites communes voisines des grandes villes ont attiré les gens cherchant des loyers plus bas ou une ambiance plus calme. À l’échelle de la Mayenne, on comprendra facilement le développement démographique des communes d’Aron et de Moulay (près de Mayenne), de Bonchamp et de Saint-Berthevin (près de Laval), d’Azé et de Bazouges (près de Château-Gontier) qui forment désormais avec celle-ci et Saint-Fort la nouvelle commune de Château-Gontier sur Mayenne). Un peu plus loin encore, des communes ont attiré des futurs propriétaires grâce à des coûts très bas du mètre carré (Laigné, Louvigné pour n’en citer que deux). Les lotissements ont souvent été occupés par des jeunes couples. Enfin, dans de nombreuses communes les anciens bâtiments de fermes sont loués ou vendus à des prix compétitifs à des personnes sans rapport avec l’agriculture (artisans, ouvriers…).
Les municipalités de notre département ont souhaité maintenir à tout prix une école ouverte sur leur territoire, école vue comme un symbole de la vie du village grâce aux bruits venant de la cour de récréation. Entre 1970 et 1990, les conseils municipaux ont parfois sacrifié une de leurs écoles, ici l’école publique, ailleurs l’école privée. Par la suite, on a mis en place des « RPI » (regroupements pédagogiques intercommunaux) dont le fonctionnement a permis de garder une école maternelle dans une commune, les CP et CE1-CE2 dans une autre, les CM1-CM2 dans une troisième. Les enfants passant d’une école à l’autre dans un rayon réduit.
Cigné a été une commune jusqu’au 1er janvier 1972, date de la fusion avec Ambrières-le-Grand et La Haie-Traversaine pour former Ambrières-les-Vallées. Côté religion, le curé d’Ambrières avait pris en charge la paroisse de Cigné dès octobre 1963. Côté sports en revanche, l’équipe de football « US Cigné » a gardé son autonomie et effectue des saisons à un bon niveau, en départementale 1 voire en régionale 3, souvent en concurrence avec le club d’Ambrières. Côté école, lors du reportage que nous voyons, il ne reste qu’une classe (au sein du RPI d’Ambrières). Les parents d’élèves interviewés sont conscients de la situation depuis plusieurs années et paraissent résignés. On retrouve les mêmes réactions dans la presse locale. Il est vrai que les réactions sont beaucoup plus fortes et motivées lorsqu’il s’agit de fermer une classe dans un établissement qui en comporte plusieurs. En fait, les décisions sont toujours budgétaires et la population n’a aucun accès à la décision dans ce domaine sauf, admettons-le, par le biais du conseil municipal qui avait engagé la rénovation du Regroupement des Vallées…
Bibliographie
- Programmes d’histoire-géographie (classe de 3e)
- Témoignages d’anciens maires d’une centaine de communes (entre 2004 et 2010)
Transcription
(Cliquez sur le texte pour positionner la vidéo)
Emmanuel Faure
Ça y est, c’est signé, Cigné n’aura plus d’école à la rentrée.Dans ce petit village mayennais, eh bien, les élèves étaient de moins en moins nombreux et le regroupement de communes et donc de services auront eu raison de l’école.C’est une émotion pour les uns, c’est un choix d’avenir pour les autres.Pierre-Erik Cally et François Bobet.
Pierre-Erik Cally
Dernier jour pour les treize élèves et leur école.Cigné fait partie des deux structures mayennaises qui vont fermer.
Jennifer Galienne
Ben, treize enfants, de toute façon, c’était compliqué de la garder et puis... Ambrières a voté au Conseil municipal dernièrement que…
Blandine Rioux
Ben, c’est un pincement au cœur, après… Moi, je vais terminer ma carrière sur Ambrières et… Moi, ici, j’étais très bien, j’étais heureuse, contente d’avoir tous les enfants.J’ai passé vingt bonnes années.
Pierre-Erik Cally
Cigné, 400 habitants, est rattaché à Ambrières-les-Vallées depuis de nombreuses années, pourtant ceux-là vivaient école et commerce.
Antoine Huchet
Avec mes camarades du boulot, on allait tous ensemble main dans la main à l’école et les gens de la campagne eux, les élèves de la campagne venaient en vélo.Et le retour, pour eux, quand ils repartaient chez eux, ils allaient chez le boulanger chercher le pain justement pour la famille.Voilà, ou quelques courses à l’épicerie.
Pierre-Erik Cally
Le dernier commerce, le voilà, son restaurant, très couru car son jeune patron a travaillé dans les plus grands restaurants de Paris.
Jean-Eric Collin
Pendant quatre ans, j’étais à la Tour d’Argent.Avant ça j’étais en apprentissage au Conte de Gascogne, deux étoiles Michelin à Boulogne-Billancourt.
Pierre-Erik Cally
Mais, pour l’école, c’est terminé.Les élèves restants n’auront pas le choix en septembre prochain.
Laurent Drault
Dans le cas de l’école de Cigné, il faut savoir que nous avions cette année treize élèves et que huit auraient pu fréquenter la structure à la rentrée prochaine.Donc, la fermeture d’école était inéluctable.
Pierre-Erik Cally
Et le maire qui a pris la décision finale, quant à lui, assume ce choix.
Guy Ménard
Suite à la... au grand débat et à la décision du président de la République, le conseil d’école a été interrogé, la commission scolaire ainsi que l’Association des parents d’élèves ont été interrogés, et le conseil municipal de la commune a validé cette orientation.
Pierre-Erik Cally
Mais, il préfère parler de son regroupement pédagogique, récemment rénové et agrandi pour plus de deux millions d’euros.Ici, travaillent près de 300 élèves de la maternelle au CM2, venant de quatre communes.C’est comme tout le reste, la tendance est à la mutualisation.
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