Tourisme fluvial sur la Mayenne
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Résumé
La rivière Mayenne attire les estivants sur ses eaux et ses berges. En témoigne ce reportage sur la base touristique de Daon où les campeurs interviewés disent apprécier la quiétude des bords de l'eau, qu'illustrent les images d'activités nautiques. Responsables du tourisme de Daon et de Château-Gontier, ville étape des péniches, évoquent les retombées sur le commerce local et les perspectives.
Date de publication du document :
01 nov. 2022
Date de diffusion :
09 août 1989
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Contexte historique
ParDirecteur des archives départementales de la Mayenne
On considère souvent, à juste titre, le secteur aéronautique comme un fleuron économique français. Mais il ne génère que 3 % de la richesse créée dans le pays, soit moitié moins que l’agriculture. Mieux encore, c’est le tourisme qui pèse aujourd’hui le plus lourd dans la balance économique (+ de 7 %). Il faut dire que la France est depuis 40 ans la première destination touristique mondiale, attirant chaque année 90 millions d’étrangers, soit presque une fois et demi l’équivalent de la population nationale. La Mayenne n’est pas en reste : elle peut s’appuyer à la fois sur des sites historiques (Jublains, Mayenne, Château-Gontier, Laval, Évron, Sainte-Suzanne) et sur des sites naturels (Coëvrons, bocage, Mayenne angevine). La rivière Mayenne et ses affluents contribuent à la richesse naturelle du territoire et constituent à ce titre un atout pour le tourisme. Le tourisme fluvial est ainsi un sujet récurrent dans les séries estivales du journal télévisé (voir également la vidéo Tourisme sur la rivière Mayenne en 2007). Ce reportage de la fin des années 1980 illustre bien les contradictions de ce secteur d’activité, entre fort potentiel de développement et apparition de menaces économiques et environnementales.
Le reportage donne la parole à des touristes qui exposent les atouts que revêtent à leurs yeux les abords de la rivière Mayenne : le calme, le cadre (« la verdure ») et le prix modéré, largement inférieur à celui des campings de bord de mer. Les journalistes ajoutent à cette liste la richesse de l’offre, notamment pour la location des canoës, pédalos, péniches et autres embarcations. La Mayenne angevine, qui désigne le sud du département, ancienne partie de la province d’Anjou, tire de ce tourisme d’importantes ressources pour son développement commercial. Daon et Château-Gontier en sont les principales localités : la première est la plus importante des stations fluviales mayennaises, la seconde est une sous-préfecture dotée d’un charmant centre ancien. Ménil dispose aussi d’un bac qui traverse la rivière.
Un quart de siècle plus tard, ces efforts ont porté leurs fruits. En effet, depuis le milieu des années 2010, un collectif s’est créé sous le nom de Slowlydays. Il rassemble des propriétaires de gîtes, restaurateurs, éleveurs, artisans, artistes et professionnels paramédicaux qui se reconnaissent et s’engagent autour des cinq valeurs suivantes : la bienveillance et le partage, l’éthique et l’éco-responsabilité, ainsi que le local. Ils proposent ainsi des animations, ateliers et initiations pour les touristes qui le souhaitent. Parmi ces visiteurs, la part des étrangers a fortement augmenté depuis 1989.
L’internationalisation du tourisme entraîne des situations paradoxales : d’un côté le nombre de visiteurs potentiels est considérablement élargi, mais de l’autre le nombre de destinations offertes aux touristes s’est lui aussi grandement accru. Dans ce contexte de forte concurrence, la Mayenne s’appuie sur ses atouts : le calme et la découverte de la nature qu’elle peut proposer aux personnes de passage. Mais là encore une menace se fait jour, celle que les journalistes qualifient dans le reportage de « rançon du succès » du « tourisme de masse ». Loin d’être un secteur en croissance infinie, le tourisme requiert donc la recherche de difficiles équilibres : entre clientèle étrangère à développer et clientèle française à conserver, entre développement des équipements et maintien d’aménagements « à échelle humaine », entre clientèle aisée qui loue des péniches et clientèle modeste qui privilégie les tarifs attractifs du camping. À ces contraintes économiques s’ajoutent des risques environnementaux. Le tourisme, surtout dans la nature, est soumis aux caprices de la météo. En 1989, les fortes chaleurs ont entraîné non seulement le développement d’une algue qui donne un aspect verdâtre à la rivière, mais encore une sécheresse qui rend la Petite Maine et l’Oudon impraticables aux embarcations qui pourraient conduire des touristes du Maine-et-Loire en Mayenne. Trente ans plus tard, la prolifération de la cyanobactérie – nom scientifique de l’algue verte – est toujours sous contrôle. Cela rejoint la philosophie des Slowlydays : ressourcer l’esprit et le corps sans détériorer l’environnement.
Bibliographie
- Viviane Artigalas, Guylène Pantel Michel Raison et Évelyne Renaud-Garabedian, « Pour une véritable relance du tourisme », Rapport d'information n° 535 (2019-2020), fait au nom de la commission des affaires économiques, 17 juin 2020, t. IX, 42 p. [http://www.senat.fr/rap/r19-535-9/r19-535-91.pdf].
- Le poids du tourisme dans l’économie française, Lumni, 2020 [https://www.lumni.fr/video/le-poids-du-tourisme-dans-l-economie-francaise].
- Slowlydays, Mayenne Tourisme [https://www.mayenne-tourisme.com/on-vous-dit-tout/collectif-slowlydays/].
Transcription
(Cliquez sur le texte pour positionner la vidéo)
Romuald Bonnant
Suite de notre série sur le tourisme fluvial en Mayenne.Aujourd’hui, on s’arrête quelque temps sur les berges des stations fluviales où sport, pêche, promenade mais aussi calme sont les atouts.Mais un calme qui risque de disparaître, en quelque sorte la rançon du succès
(Musique)
Nathalie Marcault
Tourisme fluvial est d’abord synonyme de découverte de la nature et de tranquillité.C’est pourquoi l’aménagement des rives de la Mayenne doit rester à l’échelle humaine en évitant un tourisme de masse.L’équilibre n’est pas facile à tenir, ainsi la base touristique de Daon située au sud de Château-Gontier a battu des records d’affluence cette année.La chaleur aidant, on a comptabilisé le week-end jusqu’à 1000 personnes.Fort heureusement, la fréquentation est moins forte en semaine et Daon constitue pour les vacanciers une halte agréable.C’est pour l’heure la plus importante des stations fluviales mayennaises, la seule à proposer à la fois des jeux, des locations de péniches, des randonnées, des balades en canoë et du ski nautique.Mais aux abords des écluses et sur les rives de la Mayenne, les installations touristiques vont se développer dans les années à venir pour accueillir la clientèle étrangère.
Michel Bourbon
Cette année, on a été très surpris de la fréquentation de ces Hollandais qui a dépassé toutes nos espérances et ça laisse supposer que le terrain de camping de Daon va s’engager vers une nouvelle politique, une politique d’accueil étrangère en particulier.
Nathalie Marcault
S’ils sont de plus en plus fréquentés par les étrangers, les campings de Daon et de Mesnil, situés un peu plus bas, accueillent aussi beaucoup de vacanciers venant des départements voisins.En fait, le tourisme fluvial attire 2 clientèles bien distinctes.L’une suffisamment aisée pour s’offrir un voyage en péniche, l’autre moins fortunée choisissant de camper près de la rivière par souci d’économie.Néanmoins, le point commun de ces 2 clientèles, c’est la recherche de la tranquillité.
Inconnue 1
C’est pas cher.C’est déjà avantageux quand on est nombreux comme ça.Et puis Château-Gontier, c’est charmant et puis c’est pas cher de faire les courses là-bas, à côté du bord de la mer.Et il y a tellement de monde au bord de la mer, alors que là on est si tranquille, en plus c’est joli, en plus !C’est pas parce que je suis du coin mais vraiment, c’est mignon !
Nathalie Marcault
Et qu’est-ce que vous appréciez le plus ici ?
Inconnue 2
Le calme, la tranquillité, la verdure.
Nathalie Marcault
Ce sont des vacances reposantes, plus reposantes par exemple qu’en bord de mer ?
Inconnue 2
Oh oui !Jamais je n’irai camper au bord de la mer.
Nathalie Marcault
Qu’est-ce qui vous a incité à choisir cet endroit pour passer vos vacances ?
Inconnu 3
Ben déjà l’emplacement le long de la Mayenne comme ça, c’est bien et puis c’est un petit terrain de camping qui est agréable.
Inconnue 4
On est tellement tranquille !
Inconnu 3
Pas trop de monde, au calme.C’est super.
Inconnue 4
Oh oui alors !
Nathalie Marcault
Qu’est ce que vous faites de vos journées ?
Inconnu 3
Ben on fait des balades en bateau l’après-midi.
Inconnue 5
Oui, on fait des balades en bateau.
Inconnu 3
Et puis on mange bien déjà.On est une bonne table, on mange bien déjà.Ca, c’est super déjà !
Inconnue 5
Oui et puis on va visiter, on va à Château-Gontier, tout ça.On se promène dans le coin.
Nathalie Marcault
Cette année pourtant, la Mayenne a un aspect verdâtre, inhabituel.La chaleur a en effet favorisé le développement d’une algue verte qui stagne à la surface de l’eau.Des analyses sont faites régulièrement par les services de la DDASS.Le taux d’oxygénation de l’eau reste normal, cette algue ne constitue aucun danger pour les baigneurs et pour l’instant, la faune aquatique n’en a pas trop pâti.
(Musique)
Nathalie Marcault
Château-Gontier est au cœur de la Mayenne angevine.La rivière draine les touristes jusqu’au centre-ville, la ville profite de cette position privilégiée.En 1987, on a compté 2700 éclusages à Pendu qui ouvre l’accès à Château-Gontier.L’an dernier, le nombre des éclusages entre avril et août est passé à 4200, ce qui signifie que la rivière a apporté à la ville quelques 20000 personnes pendant la saison touristique, une manne dont profitent les commerces de Château-Gontier.A Château-Gontier, le tourisme est vraiment lié à la rivière ?
Philippe Evrard
Beaucoup, hein !Enfin sur toute la Mayenne angevine.Vous avez pu voir Daon, Château-Gontier c’est un peu le même cas puisque tous les équipements sportifs sont au bord de l’eau.Et puis il y a aussi tout le spectacle de la rivière, des gens qui arrivent en bateau, des éclusages et ça, ça renforce notre rôle d’étape pour toute une clientèle qui descend vers la vallée de la Loire.
Nathalie Marcault
Alors le plus dur, c’est de faire connaître votre pays d’accueil.Comment vous y prenez-vous ?
Philippe Evrard
Et bien justement, le tourisme fluvial nous permet d’accrocher de nouvelles clientèles, des clientèles étrangères qui ne seraient peut-être pas venues naturellement à Château-Gontier mais qui découvrent Château-Gontier à travers leur étape en bateau et donc, ça nous permet de faire connaître notre ville.
Nathalie Marcault
Il y a beaucoup de touristes cet été sur la Mayenne et pourtant, la navigation est freinée par la sécheresse.La petite Maine qui descend vers Angers est impraticable ainsi que l’Oudon qui a été fermée ces jours-ci.
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