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27 mars
2013

Le château du Haut-Koenigsbourg : entre moyen-âge et XXe siècle

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Résumé

Le Haut-Koenigsbourg accueille 500 000 visiteurs chaque année, attirés par un château aux allures médiévales. Pourtant, cet édifice, dont les premières traces remontent au XIIe siècle, est surtout le fruit d’une rénovation menée par l’architecte Bodo Ebhardt sur la demande de l’empereur Guillaume II au début du XXe siècle.

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Date de publication du document :

08 déc. 2021

Date de diffusion :

27 mars 2013

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Contexte historique

ParProfesseur agrégé d’histoire, Doctorant en histoire contemporaine à l’Université de Strasbourg

Le château du Haut-Koenigsbourg, bâti sur un promontoire à 750 mètres d’altitude, trouve son origine au XIIe siècle. Possession de la famille des Hohenstaufen, il domine la plaine d’Alsace et permet de contrôler cet axe commercial de la vallée rhénane. À la disparition des Hohenstaufen, les Habsbourg obtiennent le château mais peinent à en assurer l’entretien. L’édifice devient un repaire de chevaliers-brigands, finalement délogés par une coalition de cités alsaciennes en 1462. Les Habsbourg confient ensuite le château à la famille des Thierstein, qui rencontre cependant les mêmes difficultés financières. Au XVIIe siècle, le Haut-Koenigsbourg est un château obsolète, tenu par une faible garnison. En 1633, en pleine guerre de Trente Ans, il est incendié par les troupes suédoises et réduit à l’état de ruine.

Au XIXe siècle, le regain d’intérêt pour les ruines médiévales permet un retour en grâce du château, qui est acheté par la ville de Sélestat et classé monument historique en 1862. Suite à l’annexion de l’Alsace-Lorraine à l’empire allemand, la ville de Sélestat offre, en 1899, ces vestiges à l’empereur Guillaume II qui décide de le faire rénover. La rénovation dure de 1900 à 1908 et est dirigée par Bodo Ebhardt, un berlinois passionné par la restauration de châteaux médiévaux, auto-formé à l’architecture et proche de l’empereur. Ebhardt souhaite restaurer le château tel qu’il se dressait au XVe siècle. Un chantier de grande ampleur débute, dont l’effectif – principalement recruté dans les localités aux alentours – atteint plus de 200 ouvriers. Ce chantier se distingue par la modernité des procédés technique mobilisés : une station de pompage fournit de l’eau courante et le chantier bénéficie de l’énergie électrique pour son éclairage et pour actionner les grues. Ebhardt veut conserver autant que possible l’ouvrage d’origine, c’est pourquoi deux tiers des murs datent encore du Moyen-Age. Pour les ajouts, il consulte des documents d’époque et lorsque les sources manquent, il procède par comparaison avec d’autres édifices européens. Ce souci de l’authenticité historique se distingue de la conception artistique de la restauration incarnée par Viollet-le-Duc, plus ouverte à l’imagination. Toutefois, la méthode d’Ebhard implique une inévitable part d’interprétation qui lui est reprochée dès le début des travaux, notamment par Otto Piper. 

Néanmoins, la rénovation du Haut-Koenigsbourg est surtout politique. Dès le départ, l’objectif est d’en faire un musée à la gloire de la germanité de l’Alsace : la tension entre conservation et rénovation s’explique donc par la mise du patrimoine au service du projet impérial. Guillaume II veut exploiter cette ruine afin de légitimer le nouvel empire allemand : il s’agit de montrer le lien évident qui existe entre le Saint-Empire romain germanique et le IIe Reich afin d’inscrire l’empereur dans la continuité des Hohenstaufen et des Habsbourg. Ainsi, la pièce maîtresse est dédiée au Kaiser, ornée de fresques signées Léo Schnug et qui illustrent ses ambitions politiques. Le Haut-Koenigsbourg incarne la frontière occidentale de l’empire allemand : au sommet du donjon, un aigle impérial domine les Vosges. Le 13 mai 1908, le château est inauguré en grande pompe en présence de Guillaume II. Dans les milieux germanophobes, les critiques pleuvent, comme les dessins de Hansi, Die Hohkönigsburg im Wasgenwald und Ihre Einweihung qui tournent en satire l’inauguration du château.

En 1919, étant donné les dispositions du traité de Versailles et le retour de l’Alsace à la France, le château devient propriété de l’État français : mais que faire d’un monument à la gloire de la germanité de l’Alsace ? Le château est finalement conservé mais vivement critiqué et ce n’est qu’en 1993 qu’il est classé Monument historique par la France dans son intégralité. Aujourd’hui, avec plus de 500 000 visiteurs par an, c’est un site touristique majeur, mais malgré ses chemins de rondes et ses mâchicoulis, le Haut-Koenisgbourg tel qu’il nous est parvenu est surtout un témoin d’un début de XXe siècle marqué par le médiévalisme, soit la réception, l’interprétation et l’idéalisation du Moyen-Age.

Éclairage média

ParProfesseur agrégé d’histoire, Doctorant en histoire contemporaine à l’Université de Strasbourg

Ce court reportage a été diffusé le 27 mars 2013 sur France 2 dans le journal national de 13 heures, présenté par Élise Lucet. Réalisé par Stéphanie Lafuente, Jean-Pierre Pasteur et Tom Walter, cette enquête sur le château du Haut-Koenigsbourg est le troisième des cinq épisodes du feuilleton télévisé « La vie de château » pour lequel les journalistes ont visité plusieurs sites emblématiques du patrimoine français. 

La rédaction de France 2 nous emmène sur le site du Haut-Koenigsbourg, à la rencontre de l’historien Guy Bronner, président de la Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace (SCMHA), qui introduit le reportage. La caméra France 2 suit ensuite une visite guidée du château dont plusieurs extraits ont servi pour le reportage.

Les journalistes font usage de documents d’archive, notamment des photographies prises au début du siècle dernier. Les rares images du château avant sa rénovation ont été prises par Émile Wagner et sont conservées à la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg. Ce sont des sources précieuses car elles permettent de voir ce à quoi ressemblaient les ruines du château original à la fin du XIXe siècle. En outre, elles figurent bien l’ampleur de la rénovation entreprise. Certaines photographies légèrement postérieures présentent l’intérêt de montrer le chantier, les techniques utilisées, mais aussi les hommes qui y prirent part. Les clichés comme celui d’Ebhard, assis sous la pluie, un bol et une bouteille devant lui, rappellent l’entreprise humaine qu’a été la rénovation du Haut-Koenigsbourg.

Néanmoins, l’essentiel des images utilisées sont contemporaines, alternant entre des vues d’ensemble et des plans détaillés. Par ce procédé, le reportage fait bien ressortir à la fois le médiévalisme et le projet politique dont témoigne le château. Les plans soulignent des détails tout à fait fondamentaux, comme l’inscription gravée dans le grès rose à l’entrée du château en l’honneur de son évergète, Wilhelm II, empereur d’Allemagne et roi de Prusse. La salle du Kaiser fait l’objet d’un développement spécifique dans le reportage. Le programme iconographique conçu par Léo Schnug entre 1908 et 1914 résume à lui seul l’ambition politique et l’imaginaire médiéval de l’empire allemand. Un immense aigle impérial occupe le plafond et d’imposantes fresques murales exaltent l’Alsace germanique et médiévale. La caméra montre en détail la représentation d’un combat de joute entre les Ribeaupierre-Rappolstein et les Rathsamausen, deux familles alsaciennes puissantes au XIIIe siècle. 

Le Haut-Koenigsbourg est devenu un haut lieu touristique et culturel, dont la complexité historique n’est pas toujours saisie et c’est aussi ce que montre le reportage. La parole des visiteurs interrogés permet de remarquer que l’imaginaire médiéval du début du XXe siècle est encore bien implanté. On peut aussi voir un atelier pédagogique réalisé au château lors duquel de jeunes élèves confectionnent de l’hypocras, une boisson à base de vin et d’épices répandue à l’époque médiévale, ici réalisée à l’aide de jus de raisin. Le Haut-Koenigsbourg semble avant tout être un lieu que les touristes visitent aujourd’hui pour s’immerger dans un environnement médiéval.

Le processus de patrimonialisation du site explique en partie ce phénomène. Le Haut-Koenigsbourg, tel qu’il nous est parvenu, est inévitablement lié à l’histoire de sa rénovation allemande. Après la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de défiance envers la culture allemande, c’est surtout l’identité médiévale du château qui a été mise en valeur pour sa mise en tourisme. La patrimonialisation du Haut-Koenigsbourg s’est ainsi, dans un premier temps, effectuée au dépend de son histoire la plus contemporaine. Ce n’est que dans les années 1990 que la station de pompage et les parties restituées sont classées au Monuments historiques, signe que la mémoire de l’annexion allemande, inexorablement liée au château, est longtemps restée douloureuse.

Transcription

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