Les élections législatives qui se tiennent le 21 et 28 mars 1993 sont une terrible défaite pour la gauche.
Le PS enregistre un score de 17,5% au premier scrutin et la légère avancée du deuxième tour n’empêche pas le raz de marée de la droite, qui gagne la majorité absolue à l’Assemblée nationale. François Mitterrand ne peut que se rallier à la volonté populaire et, comme cela fut le cas en 1986, il choisit un Premier ministre dans la nouvelle majorité - Edouard Balladur.
La défaite du PS est écrasante et ses raisons multiples. Certains y voient une sanction de la politique présidentielle. Les promesses de 1981 n’ont pas été toutes satisfaites : le chômage reste un des problèmes principaux des Français et la lutte contre les inégalités a enregistré des résultats décevants. La crise économique a durement affecté certaines zones industrielles et la reconversion des activités n’a pas permis une véritable reprise dans ces secteurs. Mais cette défaite est aussi le reflet de l'érosion de l’image du PS sous le coup des scandales financiers qui ont affecté certains de ses membres. Un des plus retentissant est sans doute celui qui met en cause Pierre Bérégovoy, Premier ministre en 1992, dans l’affaire Pechiney-Triangle : il emprunte de l’argent à un ami du Président, Roger-Patrice Pelat, qui par la suite est mis en accusation pour des manoeuvres financières opaques.
La deuxième cohabitation de la Ve République est de fait annoncée dès le premier tour des élections. L’entre-deux-tour voit alors resurgir le débat d’avant-1986 à propos de la viabilité d’une Assemblée nationale politiquement opposée au Président. Mais aux propos de Jacques Chirac, qui suggère la démission du Président, répond ceux de François Mitterrand, décidé à mener son septennat à terme, dans le respect du verdict populaire qui sortira des urnes le 28 mars.
Ilaria Parisi